Écrire ses mémoires en français, en scènes plutôt qu'en résumé

Des mémoires qui se lisent ne racontent pas une vie entière. Elles choisissent une période, une question, et un petit nombre de scènes qu'on peut voir.

Une vie ne tient pas dans un livre, une période oui

Le premier réflexe est de commencer à la naissance et d'avancer. Ce livre-là est presque toujours illisible, parce que rien n'y pèse plus qu'autre chose. Choisissez plutôt une période encadrée — l'année de la pharmacie, les quatre saisons de la maladie de votre père, les dix ans de l'atelier — et une question à laquelle vous n'avez pas fini de répondre.

La scène contre le résumé

Le résumé dit « mon père était un homme sévère ». La scène dit qu'il vous a fait recompter la caisse trois fois un samedi de juillet, sans un mot, jusqu'à ce que le compte tombe juste. Le lecteur croit la seconde et oublie la première. Une règle simple : si une page ne contient ni heure, ni lieu, ni objet, ni personne nommée, c'est du résumé.

Ce que l'entretien va chercher

  • Le moment précis où vous avez su que quelque chose avait changé.
  • Une odeur, un bruit, un objet que vous pourriez encore décrire les yeux fermés.
  • Ce que vous avez cru à l'époque et que vous ne croyez plus.
  • La personne dont vous n'avez pas encore réglé la place dans l'histoire.

Écrire sur des gens vivants

C'est la vraie difficulté du genre, et elle est autant juridique que morale. En droit français, la vie privée est protégée même dans un récit véridique : une personne identifiable peut agir contre la divulgation de faits relevant de son intimité, et la diffamation existe aussi quand le propos est sincère. Trois précautions raisonnables : prévenez les proches concernés avant publication plutôt qu'après, changez les prénoms et les détails identifiants de ceux qui ne sont pas au cœur du livre, et pour les passages lourds, faites relire par quelqu'un qui n'a rien à gagner à vous rassurer.

La mémoire est faillible, dites-le

Personne ne se rappelle un dialogue de 1987 mot pour mot. Une note d'une phrase au début — que les dialogues sont reconstitués au plus près du souvenir — vaut mieux qu'une exactitude prétendue. Les lecteurs pardonnent l'approximation annoncée, jamais l'invention découverte.

Ce que le studio fabrique

Un plan en scènes que vous validez avant toute écriture, chaque chapitre écrit avec vos réponses dedans, puis la couverture, la dédicace, l'introduction et la biographie. Vous corrigez tout à la main ensuite : c'est votre vie, la dernière passe vous revient.

Questions fréquentes

Quelle longueur pour des mémoires ?

Entre 40 000 et 70 000 mots, douze à vingt chapitres. Un récit centré sur une seule période peut très bien tenir en 30 000.

Puis-je nommer des personnes réelles ?

Prudemment. La vie privée est protégée en droit français même dans un récit véridique. Prévenez les proches concernés, changez les détails identifiants des personnages secondaires, et faites relire les passages sensibles.

Faut-il tout se rappeler exactement ?

Non, mais il faut le dire. Une note liminaire précisant que les dialogues sont reconstitués de mémoire suffit et protège la confiance du lecteur.

Gratuit pour écrire et lire les deux premiers chapitres. 9 $, une seule fois, pour lire le livre entier et le télécharger en EPUB, PDF, DOCX et Markdown.

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